Tester ma volonté d'obéissance ?
La formulation rhétorique m'agace, voilà 87 défis que tu la testes mon obéissance, zut !
Je choisis un Nick Cave "Do you love me ?" et j'espère que tu n'y verras pas un message caché, juste que depuis mes histoires de lecteur-mp3, je suis retombée sur ce morceau.
Je pars plus calmement, rassurée par la durée de la chanson mais qu'importe, dès que j'arrive sur les lieux du crime, je m'active dans un empressement pourtant inutile. J'ai choisi mes bas à couture rouge parce que je sais que je ne les ai jamais mis dans un tel contexte ou avec de telles chaussures et j'ai l'impression que le temps s'étire à l'infini alors que j'essaie d'ajuster la couture. J'enfile prestement mon collier de jeu parce que je trouve que j'ai été si longue que je crains que tu n'entres. Mais la réalité des minutes me rattrape alors que je suis debout face à cette lumière tellement crue, quelque part, je sens bien que je m'habitue à elle, je garde les yeux ouverts et explore la sensation de la position de mon corps avec ces talons si haut.
Je me sens totalement imprégnée de ce que je suis pour Toi, c'est un sentiment étrange, loin de l'auto-hypnose des premiers défis et pourtant sans doute proche, ne serait-ce que par la sensation de connu rassurante qu'il génère. Et je devine que tu ne comprends pas vraiment de quoi je parle. Et cela me fait penser à nos premières discussions du genre, sur le dépassement de l'aspect fusionnel, je crois qu'en voici la meilleure preuve, si ce genre de cheminement impose bien de faire la route à deux, nos chemins sont par trop différents pour qu'il soit question d'être fusionnel. C'est un peu comme si une partie de moi t'échappait alors que pourtant c'est cette même partie qui m'attache à Toi de manière plus absolue, c'est déroutant cette ivresse de liberté dans la soumission. Encore une fois, cela me donne envie de faire une analogie avec la moto, le plus dangereux pour le motard c'est sa confiance en lui, tant qu'il a peur de chuter dans les premiers temps, il n'en est que plus prudent et quand la vigilance se relâche alors l'accident arrive. Sans prédire l'accident, je ressens par contre précisément ce sentiment étourdissant proche de l'excès de confiance. Et je me dis que c'est peut-être cela aussi qui me pousse vers les autres, pour mettre à l'épreuve mon petit monde protégé et n'en ressentir que plus pleinement sa préciosité.
Quand j'entends tes pas, mes yeux ne se ferment pas mais se baissent automatiquement dans un mouvement entendu et trop facile tant il est instinctif. Je suis plutôt contente de moi, je m'applique à mon rôle de spectateur pendant que tu fixes les bracelets sur mes poignets pour les entraver devant mon pubis. Tu me précises qu'il s'agit là d'éviter une tentative involontaire de se cacher et je trouve cela profondément injuste, j'ai l'impression que tu balaies d'un revers de main tous mes efforts, presque comme si tu ne me faisais pas confiance quelque part. Drapée dans ma dignité froissée, je ne comprends pas vraiment de quoi il est question et ce n'est qu'en écrivant le report que l'évidence de ce que tu voulais empêcher m'apparait. Et là, encore ma haute-estime de moi-même le prend mal, mais cela n'est qu'orgueil.
Puis tu me fais pencher en avant et installe ton système ingénieux de laisse/chapelet anal. Tu me fais marcher ainsi et c'est difficile, j'ai l'impression que tu me dis d'avancer alors même que ta main tire la laisse dans le sens opposé.
Je devine que l'indécence de la situation met le feu dans ton esprit. Pour ce que cela vaut, mes étranges mécanismes internes n'interprètent pas les choses de la même façon, et pour moi, il y aurait des choses bien pire que celle-là. Tu sais bien que mes tabous sont à cent lieues des tabous "standards".
Enfin, quand tu m'as fait mettre là où tu le désirais, tu me donnes le vibreur, mes yeux sont définitivement soudée depuis que j'ai mal compris l'entrave de mes mains et la situation est loin de moi, quelque part. Et si il est question d'assouvir cette faim rarement rassasiée chez moi, cela ne devrait pas poser trop de problèmes. Je m'isole du monde en me recentrant sur mon propre ressenti, je ne suis que cette vibration que mon entre-jambe appelle encore et encore, je ne suis que le moyen de rendre la caresse plus présente. Le corps s'arcboute par réflexe et c'est avec une sensation de crampe typique au ventre que je prononce la phrase que tu attends.
Je suis plutôt contente de moi, même si je me demande si je vais être capable de recommencer. Tu me fais mettre à 4 pattes et me donne un vibromasseur, je laisse mon buste tomber en avant pour me donner un appui plus équilibré et m'applique à réveiller la faim en moi. Là encore, je fais abstraction de la notion de réalité même si la notion de spectacle reste en sourdine. Un tourbillon de plaisir plus tard, alors que je peine à reprendre pieds dans la réalité, tu me demandes de m'allonger. Je pense à ce qui est inséré dans mon anus et je trouve cela affreux. Ensuite, tu fixes mes jambes de manière à les suspendre dans cette position typiquement gynécologique.
Puis tu me mets l'énorme plug dans la main. Gel mental, tu sais bien que ça je ne peux pas... Et pourtant...
mercredi 24 juin 2009
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