Un défi qui me surprend, mais que j'assimile à une sorte d'hommage aux mini-jeux qui ont jalonnés les défis.
Je pars me préparer avec la facilité de l'habitude, je me prépare selon tes indications et choisis d'utiliser un des nouveaux jouets "pour voir". L'attente prend la forme d'une exploration des sensations inédites que procure ce nouveau jouet, sa petite taille le rend amicale et ses vibrations puissantes (pour la taille s'entend) se transmettent dans ma petite porte, c'est déroutant, inédit et intéressant.
J'entends tes pas, je salue ton arrivée avec ma phrase. Tu apprécies la situation puis me fais savoir que je dois m'asseoir. Gel mental. Cela fait des dizaines de défis que je n'ai plus bénéficié de ma propre autonomie lors d'un défi, j'ai la sensation de faire quelque chose de contre-nature, d'usurper ma place.
Je choisis le premier papier avec la sensation désagréable d'avoir presque "le choix", j'ai le choix de choisir les papiers et même si ce choix relève plutôt du hasard, le fait que je plonge ma main dans l'urne pour les choisir me donne une sensation "d'autorité" qui me fait perdre pied dans mon propre rôle. Ce tirage revient à une sorte de prise en main de mon propre destin par moi-même, du moins c'est ainsi que je le vis.
La perte de repères réveille la brat en moi et je suis plus dans la défiance que dans la soumission quand les papiers m'imposent de parler. Et c'est amusant quelque part de constater que comme un cheval, c'est le mors mal mis qui me provoque la ruade.
Les papiers s'enchaînent rapidement et une fois venu le compte pour cinq papiers, je sens bien que tu es déçu des tirages que le sort a provoqué. Je propose de continuer et finalement ça sera dix papiers qui seront tirés et exécutés.
Autant je sais que je ne suis pas trop gauche sur une action, autant la verbalisation a été un drame dont je m'en veux assez pour hésiter à ne pas m'imposer une rédaction écrite pour chaque question du défi pour réparer ma maladresse. Quelque part, ces questions ne sont pas venues par hasard sur le papier, tu en espérais des confessions dont je sais qu'elles ne sont pas venues et même si toutes mes réponses ont été d'une profonde honnêteté la sensation de n'avoir pas été à la hauteur me laisse un goût amer dans la bouche.
Mais le pire aura été les papiers contenant une action à réaliser en répondant à une question. Je n'ai jamais été capable de faire correctement deux choses en même temps quand il est question de sexe. C'est pour cela que je n'aime pas le 69, soit je m'absorbe à la caresse que je reçois, soit je me noie dans celle que je donne mais les deux en même temps me donnent toujours un sentiment d'inachevé. Et ces papiers m'ont replacée devant cette triste réalité soit je m'absorbais à ma réponse, soit j'essayais d'accomplir correctement mon action, la mobilisation mentale nécessaire au deux m'échappe dans ce genre de contexte. Alors j'ai négligé les réponses pour m'appliquer aux actions, pas vraiment par choix, mais plutôt parce que mon rôle lors de tous ces défis n'a jamais été de parler mais bien d'agir et que cela appartient plus à ma nature. Pour laisser couler les mots, j'ai besoin de leur exclusivité, ils doivent m'habiter, tourner dans mon esprit avant d'être accouchés et là, je devais les délivrer sans seulement les avoir pensé avant, dans une incohérence totale, ballotés au rythme des pensées rebondissantes de mon esprit.
Un défi dont je sais qu'il est gagné mais pour lequel je m'infligerais volontiers une punition tant je suis déçue de moi-même et sur lequel que je n'ai guère envie de m'étendre comme on refuse de s'appesantir sur un échec. Et je ne sais pas si le pire n'est pas de penser que je ne serais pas réprimée puisque je suis la seule à m'être vue défaillante sur ce défi et de devoir affrontée seule cet ego surdimensionné et les sensations d'échec qu'il génère en lui seul.
Les sexualités hors normes
Il y a 15 heures

